Le gouvernement s’intéresse à un projet de colocation pour personnes handicapées à Besançon

Posté le 07 Mars 2018 à 10:01

Depuis 2013, grâce à des parents, Besançon abrite une colocation permettant à de jeunes handicapés de vivre (presque) comme tout un chacun. Le gouvernement veut s’en inspirer.

 

La colocation aux Chaprais existe depuis 2013. Elle a permis à Ella et Xavier de vivre une alternative à un milieu fermé, avec le soutien d’aides de vie et d’un veilleur de nuit, Ella et Xavier vivent comme tout un chacun. Et ce, dans un quartier, au milieu des gens, avec des voisins. L’initiative est belle et a valu à Ilva Sugny, la maman d’Ella, qui s’est battue pendant des années pour que la colocation existe, d’être reçue, à deux reprises, par les conseillers du cabinet de la secrétaire d’État aux personnes handicapées, Ségolène Neuville. « Il voulait que je leur parle de cette expérience. Ils ont également entendu d’autres porteurs de projet. Un groupe de travail est constitué. L’objectif est de trouver un modèle qui puisse être mis en place au niveau national, trouver une forme d’habitat partagé pour les personnes handicapées qui soit moderne. Et ce, en partenariat avec le ministère du logement. »

L’État intéressé par l’idée bisontine, voilà un bel hommage. Que de chemin parcouru en quelques années. « En fait, tout a commencé dès l’enfance de ma fille, lourdement handicapée. À 11 ans, elle ne comprenait pas pourquoi son frère et sa sœur avaient droit à des activités de loisirs et allaient en centre aéré. Devant le manque de centres adaptés, nous avons créé avec d’autres parents l’Aledd, association de loisirs pour des enfants différents mais déterminés. L’objectif était d’intégrer ces jeunes mais aussi d’offrir des moments de répit à leurs parents via des séjours à la mer ou à la montagne. » Ella grandit. Elle voit son frère partir vivre sa vie de jeune adulte en colocation. « Quel était son choix à elle ? Vivre dans un établissement en milieu fermé ? Au domicile de ses parents ? Ou avait-elle le droit à une colocation pour n’importe quel jeune ? »

Dès lors, Ilva Sugny se bat. Après plusieurs tentatives vaines, elle réussit à convaincre le conseil général pour monter un projet. « On a trouvé un bailleur social, Neolia, pour un appartement adapté, On a reçu le soutien du Département via la maison départementale pour les personnes handicapées. Et le service d’aide à domicile Eliad a rejoint les rangs pour un accompagnement personnalisé. » Depuis 2013, la coloc’existe. Et aujourd’hui, elle est repérée au niveau national. Tant mieux si cela permet à d’autres jeunes handicapés de vivre l’expérience de la liberté, d’emprunter un chemin d’autonomie. Et tant mieux pour l’emploi. La colocation de Besançon a créé 13 équivalent temps plein. L’aide à la personne, c’est aussi l’économie de demain.

 

Article publié par L'Est Républicain